À quelques jours de l’ouverture de la COP31 à Antalya, deux rapports publiés par les Nations unies dessinent une trajectoire climatique qui continue de s’aggraver. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) annonce un réchauffement attendu de 2,6 °C d’ici 2100 si les engagements actuels sont tenus, tandis que l’Organisation météorologique mondiale (OMM) confirme un nouveau record de concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Un écart qui se creuse entre engagements et objectifs
Publié le 21 octobre, l’Emissions Gap Report 2026 du PNUE évalue l’écart entre les engagements climatiques nationaux et les efforts nécessaires pour limiter le réchauffement. Si tous les pays respectent leurs contributions déterminées au niveau national (CDN), la hausse des températures serait contenue à 2,6 °C d’ici la fin du siècle. Sans politiques supplémentaires, elle atteindrait 2,8 °C. Ces projections sont plus pessimistes que celles de l’an dernier, qui tablaient sur une fourchette de 2,3 °C à 2,5 °C. Le PNUE pointe notamment le retrait des États-Unis, deuxième émetteur mondial, de l’accord de Paris, ainsi qu’une révision à la hausse des estimations d’émissions historiques. Pour rester sous la barre des 1,8 °C, les émissions mondiales devraient pourtant baisser de 69 % d’ici 2040 — un objectif que seul le secteur des énergies renouvelables semble en mesure d’approcher. Les épisodes de chaleur extrême qui ont marqué la France ces derniers mois, documentés dans le bilan officiel de Météo-France sur l’été le plus chaud jamais enregistré, illustrent concrètement cette trajectoire.
Des concentrations de gaz à effet de serre inédites
Le second signal d’alerte vient du bulletin annuel de l’OMM sur les gaz à effet de serre. La concentration moyenne mondiale de CO2 a atteint 426,8 parties par million en 2025, soit 153 % du niveau préindustriel de 1750 — et les données disponibles montrent que la hausse se poursuit en 2026. Le méthane et le protoxyde d’azote battent également des records. Selon Ko Barrett, secrétaire générale adjointe de l’OMM, ces gaz retiennent une quantité de chaleur sans précédent dans l’atmosphère, ce qui alimente l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes. Le bulletin est publié quelques semaines avant l’ouverture de la COP31, qui se tiendra du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie, et où ces chiffres devraient peser sur les négociations. En France, cette tendance rejoint les constats déjà posés sur le risque accru de mégafeux lié au changement climatique.
Ce que ces chiffres changent concrètement
Pour les citoyens comme pour les décideurs, ces deux rapports convergent vers le même constat : les efforts actuels restent insuffisants face à l’ampleur du dérèglement. Les conséquences se lisent déjà dans les écosystèmes, comme le montre le dernier rapport officiel sur l’état de la biodiversité en France. Les énergies renouvelables restent le seul secteur jugé en bonne voie pour atteindre les objectifs 2030, ce qui en fait un levier central des discussions à venir lors de la COP31.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’Emissions Gap Report ?
C’est un rapport annuel du PNUE qui mesure l’écart entre les engagements climatiques des États et les réductions d’émissions réellement nécessaires pour limiter le réchauffement mondial.
Pourquoi les projections sont-elles plus pessimistes qu’en 2025 ?
Le PNUE évoque notamment le retrait des États-Unis de l’accord de Paris et une révision à la hausse des estimations d’émissions historiques, ce qui aggrave la trajectoire calculée.
Quand se tient la COP31 et pourquoi est-elle importante ?
La COP31 se déroule du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie. Elle doit permettre aux États de revoir leurs engagements climatiques à la lumière de ces nouveaux constats scientifiques.
Sources
- PNUE — Emissions Gap Report 2026
- OMM — Greenhouse gas levels once again reach record high
- Actu-Environnement — Emission Gap Report, réchauffement et COP31
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